L’Internet de l’argent

Internet de l’argent : Bitcoin

“Lorsque vous avez une monnaie programmable, les possibilités sont potentiellement infinies.”– Andreas Antonopoulos.

De quoi Bitcoin est-il le nom ? Et quels sont les véritables enjeux de cette nouvelle technologie ?

Voici les questions auxquelles répond Andréas Antonopoulos dans L’Internet de l’argent”. Dans ce livre qui condense certaines de ses interviews, l’ancien entrepreneur, devenu l’un des principaux évangélistes de la technologie Bitcoin, explique le pourquoi de Bitcoin.

Je vous propose ci-dessous un résumé des idées principales.

La décentralisation de l’information

Pour comprendre la philosophie de Bitcoin, il faut adopter une vision large d’Internet afin de se remémorer son rôle de technologie de rupture.

Internet est une rupture numérique qui a commencé par révolutionner l’information en décentralisant sa communication et sa diffusion.

Auparavant, l’information était centralisée entre les mains de quelques grosses entreprises médiatiques. La diffusion des émissions était centralisée sur quelques chaînes de TV et journaux à gros tirages. L’information se transmettait de façon verticale.

Puis, Internet a permis de décentraliser la production et la communication d’informations. Aujourd’hui, nul besoin d’être un hacker; tout le monde peut créer un site internet ou un blog pour communiquer sur n’importe quel sujet partout dans le monde. La communication est devenue horizontale.

Ensuite l’émergence des plateformes (Facebook, Instagram, YouTube, Twitter, etc.) a réorganisé la communication sur le web. Un nouveau web fortement centralisé (autour des plateformes propriétaires) s’est développé. C’est ce que l’on appelle le Web 2.0.

A travers les réseaux sociaux, des communautés nombreuses se retrouvent selon leurs affinités pour échanger sur n’importe quel sujet. En contrepartie de ce service “gratuit”, ces plateformes (dont le code source est plus protégé que la recette de Coca-Cola) collectent les données de leurs utilisateurs et les utilisent pour faire du marketing ciblé.

L’argent est une information

L’argent est également un type de contenu. Il s’agit d’une information sur la valeur de quelque chose. Plus précisément, l’argent permet d’exprimer la valeur des choses dans une unité commune pour faciliter les transferts de valeur.

L’argent est donc une forme de langage. C’est un langage qui exprime la valeur des choses.

  • Au départ, il exprimait la valeur avec les métaux (or, argent, bijoux, pièces, etc.);

  • Ensuite, avec le papier (billets, chèques, contrats, etc.). La valeur du papier est garantie par la confiance partagée dans l’émetteur du papier (gouvernements et institutions bancaires);

  • Puis, avec le plastique (CB);

  • Et maintenant, avec un protocole de gestion numérique des données (Bitcoin ou toute autre crypto-monnaie capable de créer de la confiance de façon décentralisée grâce aux mathématiques et à la théorie des jeux).

Bientôt la monnaie sera tout simplement une application que tout le monde pourra créer ou utiliser (l’équivalent du blog pour communiquer). D’où l’expression d’Internet de l’argent (“Internet de la valeur” me semble plus précis) pour désigner la production et la communication de la valeur sur le réseau Internet.

A chacune de ces étapes, la force de résistance des sociétés (cf. le modèle mental de l’inertie) a tenté d’empêcher les nouvelles technologies d’arriver. Mais quand une technologie simplifie les choses, elle finit toujours par s’imposer à la société.

Bitcoin : la décentration de la confiance

Nous arrivons donc à une nouvelle étape de la rupture Internet : le Web 3.0 ou l’ère des protocoles ouverts et sans censure. L’ère d’un Internet réellement décentralisé.

Pourquoi l’ère des protocoles décentralisés ? Parce que la blockchain, la technologie derrière Bitcoin, est un protocole de gestion numérique des données qui fonctionne grâce à un réseau d’ordinateurs (les mineurs). Ces ordinateurs travaillent de façon coordonnée pour former une sorte d’unique ordinateur virtuel qui devient une base de données numériques infalsifiable.

Aujourd’hui, si vous voulez créer une application, vous devez respecter les conditions des intermédiaires (Apple, Google et  consorts) pour pouvoir les rendre accessibles sur les portails (Apple Store et Google Play Store) moyennant une commission. Avec les protocoles, n’importe qui pourra créer une application sur le protocole sans avoir à demander la permission à un intermédiaire.

Bitcoin est donc bien plus que de l’argent digital permettant des paiements de pair-à-pair. C’est un protocole informatique qui n’appartient à personne (comme les mails) et sur lequel se créent progressivement d’autres applications.

Bitcoin est une technologie qui permet de créer de la confiance décentralisée sur Internet. Donc l’argent n’est qu’une première application. La technologie blockchain va probablement permettre l’émergence de nombreuses autres applications basées sur de la propriété digitale : identités, contrats, signatures, actifs financiers et bien d’autres services qui nécessitent actuellement un intermédiaire de confiance.

Aujourd’hui, Bitcoin permet déjà de réaliser des paiements de pair-à-pair (sans intermédiaire) instantanés, sécurisés et pour un coût très faible. Pour le dire plus clairement : la finance, à travers ses fonctions clefs de création de monnaie et de financement de projets, est en train de se faire disrupter. Son avenir s’annonce horizontal.

“On va devoir s’habituer à vivre dans un monde où l’on juge une monnaie non pas en fonction de qui l’émet mais en fonction de qui l’utilise.” – Andreas Antonopoulos.

Les protocoles : la prochaine disruption

Ainsi, si nous prenons une perspective plus large, que nous dit la technologie Bitcoin ? Elle promet qu’il sera bientôt possible de faire fonctionner des processus intégrant de la confiance de façon décentralisée et à une échelle potentiellement infinie. Et qui dit confiance décentralisée dit production, conservation et transfert de valeur de façon décentralisée. Du jamais vu.

Bitcoin est un Cygne Noir dont les conséquences, encore imprévisibles aujourd’hui, auront un impact important sur la société. Par exemple, certains projets travaillent actuellement à l’émergence d’organisations autonomes décentralisés (DAO).

Les plateformes du web (AirBnb, Uber etc.) ont disrupté les entreprises des secteurs de l’hôtellerie, du transport, de l’hébergement, etc. Demain, ce seront certaines plateformes et entreprises classiques qui se feront disrupter par les protocoles.

Je dis “certaines” car il est probable que les organisations centralisées et décentralisées coexisteront selon un certain équilibre. En effet, on peut s’attendre à ce que certaines plateformes voient l’émergence des blockchains comme une opportunité plutôt que comme une menace. Par exemple, Facebook va lancer prochainement son GlobalCoin et recrute 22 profils blockchain.

Mais dans tous les cas, nous nous orientons vers une transformation économique majeure. Nous sommes à l’aube d’une nouvelle économie des protocoles.

Alors, allez-vous observer et accrocher vos ceintures ? Ou bien allez-vous tenter de participer à cette aventure ?

NB. 1 : Quand nous disons “décentralisé”, il faut comprendre décentralisé car diffusé à travers tous les nœuds du réseau.

NB. 2 : Si vous désirez commencer à vous familiariser avec les services décentralisés : Vous pouvez télécharger l’explorateur Brave ici. Il permet l’élimination automatique des publicités et la protection de vos données personnelles. Personnellement, c’est l’explorateur que j’utilise.

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