Un modèle mental
Théorie de la propriété commune (Common Ownership Theory). Modèle économique selon lequel un investisseur détenant des parts dans plusieurs entreprises concurrentes cherche moins à maximiser le profit de chacune qu’à optimiser la performance globale de son portefeuille. Cela peut réduire l’intensité concurrentielle (éviter guerres de prix, limiter innovations agressives) et rendre souhaitable l’affaiblissement d’un actif si cela profite aux autres participations (cf. gambit). Ce modèle éclaire pourquoi certains secteurs dominés par les mêmes grands fonds [1] semblent moins compétitifs qu’en apparence et anticipe que, plus la propriété commune progresse, plus les comportements tendent vers une collusion implicite et la protection de la valeur agrégée.
[1] Ceux ayant une influence significative dans la gouvernance (CA, votes stratégiques). A noter que de nombreux fonds indiciels passifs délèguent leurs votes à des sociétés de conseil comme Glass Lewis et ISS (qui contrôlent de facto les votes de ~50% du marché US). Donc ce pouvoir de vote crée de fortes incitations d’infiltration pour les activistes politiques.
Une idée originale
“L’on se repent rarement de parler peu, très souvent de trop parler.“
– Jean de La Bruyère
English version
A mental model
Common Ownership Theory
An economic model in which an investor holding stakes in several competing firms seeks less to maximize each company’s individual profit than to optimize the overall performance of their portfolio. This can reduce competitive intensity (avoiding price wars, limiting aggressive innovation) and even make it desirable to weaken one asset if doing so benefits the others (cf. gambit). This model helps explain why some sectors dominated by the same large funds [1] appear less competitive than they seem and suggests that, as common ownership grows, behaviors tend to drift toward implicit collusion and the protection of aggregate value.
[1] Having significant influence in governance (board seats, strategic voting). Note that many passive index funds delegate their voting rights to proxy advisory firms such as Glass Lewis and ISS, which effectively control the votes of roughly 50% of the U.S. market. This concentration of voting power creates strong incentives for political activists to seek infiltration.
An original idea
“One seldom regrets speaking little, but very often regrets speaking too much.”
– Jean de La Bruyère