Le modèle stoïcien : Un guide pour une vie sereine

Le modèle stoïcien : a guide to the good life

L’une des plus grandes craintes de fin de vie est d’avoir gâché sa vie.

Pour éviter cela, il ne suffit pas de poursuivre des choses ou de se tenir occupé. Il faut poursuivre les choses que vous valorisez réellement.

Que valorisez-vous dans la vie ? Qu’attendez-vous de la vie ?

Répondre précisément à ces questions peut être difficile. Notre culture moderne, basée sur la distraction et la consommation, n’encourage pas à se poser ce genre de questions fondamentales.

Il arrive que l’on commence une semaine avec un objectif en tête pour la finir en poursuivant quelque chose qui n’a rien à voir. Sans jamais atteindre ni l’un ni l’autre.

Alors, comment faire pour vivre une bonne vie ? Comment faire pour mener une vie que l’on ne regrettera pas dans ses dernières années ? Qu’est-ce qui pourrait servir de guide et donner une direction claire ?

Le modèle stoïcien : une philosophie de vie

Dans “A guide to the good life , William Irvine recommande une technique : adopter une philosophie de vie cohérente. Selon lui, choisir une bonne philosophie de vie donne une direction et de la signification à vos actions.

Ici le mot “philosophie” ne désigne pas celle qui est enseignée dans les universités ou les lycées. Il s’agit des anciennes philosophies de vie pratiques comme l’épicurisme, le cynisme ou le stoïcisme. L’objectif premier des anciens philosophes était de fournir des techniques pour aider les gens à vivre de meilleures vies.

Ce livre invite donc le lecteur à choisir une philosophie de vie cohérente avec sa personnalité pour vivre une meilleure vie.

Il recommande plus particulièrement le modèle stoïcien pour ceux qui désirent éviter les insatisfactions chroniques (anxiété et stress) et qui souhaitent gagner en tranquillité d’esprit et en efficacité.

Dans cet article, je vais vous présenter les techniques psychologiques utilisées par les Stoïciens pour atteindre cet état de tranquillité active. Tranquillité “active” car, tout en recherchant l’apaisement, ils s’impliquaient avec succès dans la vie de leur cité (affaires, enseignement ou politique).

Les techniques psychologiques stoïciennes
Technique stoïcienne #1 : pratiquez la visualisation négative

La visualisation négative est une technique qui consiste à occasionnellement imaginer les mauvaises choses qui pourraient vous arriver. Elle a trois principaux objectifs :

  1. La prévention. En imaginant ces choses négatives, vous pouvez vous organiser pour empêcher certaines d’entre elles de se produire (prévenir un cambriolage).

  2. La préparation de l’esprit. D’autres événements ne pourront probablement pas être évités par tous mais les visualiser permettra d’en atténuer l’impact : le malheur atteint plus lourdement ceux qui pensent qu’il ne leur arrivera rien.

  3. La revalorisation de ce que l’on a. Les psychologues ont mis en évidence une tendance neuronale consistant à revenir à notre niveau de bonheur par défaut après un événement positif (l’adaptation hédonique). Des choses qui auparavant procuraient du bonheur sont progressivement considérées comme banales/acquises. La visualisation négative permet d’éprouver de la gratitude afin de mieux apprécier ce que l’on a (sans avoir à attendre de le perdre).

Lors de la réalisation de cet exercice, il faut parvenir à imaginer quelque chose de négatif vous arrivant sans pour en autant vous en inquiéter. L’objectif est d’apaiser votre esprit et non pas d’y amener de l’anxiété. Vous devez visualiser les choses comme si cela arrivait à quelqu’un d’autre que vous, comme dans un film.

Technique stoïcienne #2 : identifiez votre zone de contrôle

L’un des plus importants conseils des Stoïciens est d’identifier ce qui relève de vous et ce qui ne dépend pas de vous. Vous devez apprendre à ne pas perdre votre temps à vous soucier de ce qui ne dépend pas vous. Ainsi, vous accorderez toute votre attention à ce qui appartient à votre zone de contrôle.

Par exemple, un Stoïcien va se fixer des objectifs internes plutôt qu’externes. Il va ainsi se concentrer sur la qualité de ses décisions plutôt que sur les résultats.

S’il joue au tennis, son objectif ne sera pas de gagner le match (zone externe d’incertitude) mais de faire au mieux de ses capacités (zone interne de contrôle). En définissant bien son objectif (bien jouer plutôt que gagner), il se donne les moyens d’atteindre la satisfaction. Il rentre notamment régulièrement dans le flow.

Paradoxalement, cette technique d’internalisation des objectifs lui fera développer des stratégies qui lui permettront de devenir plus efficace tout en gagnant en sérénité. Voilà comment les Stoïciens maintenaient leur tranquillité malgré leur engagement actif dans le monde.

Technique stoïcienne #3 : exposez-vous à l’inconfort volontaire

Au lieu de simplement imaginer la survenance de choses négatives, les Stoïciens recommandent de parfois vivre comme si elles étaient arrivées. Ils encouragent à pratiquer l’inconfort volontaire pour se renforcer.

Vous pouvez par exemple prendre le vélo au lieu de votre voiture. Ou bien prendre des douches froides. Autre exemple : vous exposer occasionnellement à la faim ou à la soif. Ou sinon des inconforts vraiment mineurs comme prendre les escaliers au lieu des escalators.

Cette technique d’exposition à des petits inconforts offre plusieurs avantages :

  1. Renforce la tolérance aux désagréments matériels (comme un vaccin);

  2. Augmente le courage en généralisant votre confiance contre les aléas de la vie (vous gagnez en maîtrise de vous);

  3. Revalorise le confort que vous avez. D’une certaine façon, l’inconfort volontaire est au corps ce que la visualisation négative est à l’esprit.

Technique stoïcienne #4 : pratiquez la méditation

A celle ou celui qui souhaite pratiquer le stoïcisme, Sénèque conseille de méditer régulièrement sur ses actions. Il ne s’agit pas de la méditation zen consistant à faire le vide. La méditation stoïcienne est un exercice de visualisation à réaliser le soir pour réfléchir à froid sur ses décisions de la journée.

Marc-Aurèle recommande de s’observer aussi bien en tant qu’acteur que spectateur, lors de la réalisation de cet exercice. Cette technique permet également de réaliser une check-list pour voir si vous avez bien réalisé les techniques stoïciennes précédentes.

Grâce à cet exercice stoïcien, vous pourrez également constater vos progrès. Normalement, au bout de quelques temps, vous ressentirez moins de frustrations suite aux comportements des autres (vous aurez intégré que cela ne dépend pas de vous). Vous cesserez de vous plaindre des circonstances extérieures et de critiquer les autres. Vous ressentirez beaucoup moins d’émotions négatives.

De plus façon plus générale, vous aurez gagné en maîtrise sur vos états intérieurs et donc sur vous.

Le mot de la fin

Au final, adopter une philosophie comme le stoïcisme vous simplifie votre prise de décision en vous donnant une direction. Pour faire un choix, il vous suffit de déterminer si une décision contribue ou pas à votre tranquillité. Ensuite, quel que soit votre choix, vous essaierez de faire de votre mieux dans la zone qui relève de votre influence.

“N’expliquez pas votre philosophie. Incarnez-la.” – Épictète

Pour aller plus loin : Lire le livre A guide to the good life : The Ancien Art of Stoic Joy de William Irvine. Dans ce livre, l’auteur initie le lecteur au modèle stoïcien.

Cadeau :

Pour copier et partager : https://mikaelecanvil.com/stoicien/

 

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