Changer d’état d’esprit : Une nouvelle psychologie de la réussite (Mindset)

Psychologie de la réussite

“Le mindset est une croyance qui impacte la façon dont vous pensez, ressentez et agissez. C’est l’ensemble de vos croyances clefs qui reflètent votre philosophie de vie.” – Kelly McGonigal (The Upside of Stress).

Est-ce que vous pensez que nos capacités sont innées ou bien qu’elles s’acquièrent par l’effort ?

Selon votre réponse à cette question, vous avez l’un des deux états d’esprit suivants :

  • Le mindset fixe (fixed mindset). Etat d’esprit caractérisant ceux qui pensent que les facultés sont déterminées dès notre naissance et restent fixes par la suite.

  • Le mindset de développement (growth mindset). Etat d’esprit caractérisant ceux selon lesquels, bien que les gens commencent avec des prédispositions différentes, ce sont leurs efforts personnels et leur motivation qui font la différence.

Dans son livre Changer d’état d’esprit : Une nouvelle psychologie de la réussite, la psychologue Carol Dwek fait preuve de pragmatisme. Elle ne se préoccupe pas de savoir qui a raison dans le débat entre l’école du génétique et celle du culturel.

Ce qui intéresse la scientifique, ce sont les conséquences de ces systèmes de croyance sur les comportements. En bref, son propos est de démontrer l’impact déterminant de l’état d’esprit sur la réussite.

Selon la spécialiste en psychologie sociale, ceux qui ont l’état d’esprit de croissance ont le plus de chance de s’épanouir dans tous les aspects de leur vie: personnelle, professionnelle et sociale.

Voyons plus en détail ces deux états d’esprit et leurs impacts sur la personnalité et le comportement.

L’état d’esprit fixe : une psychologie de la stagnation

Ceux qui croient en un état d’esprit fixe sont convaincus que l’intelligence et les capacités sont distribuées dès la naissance. Selon eux, ces attributs sont aussi héréditaires que des caractéristiques physiques comme la couleur des yeux.

Dès lors, le travail ne sert à rien, sinon à prouver un déficit. En effet, selon cette théorie des aptitudes fixes, celui qui travaille dur c’est l’incompétent. S’il travaille si dur c’est justement pour compenser son manque de talent (et c’est inutile).

On est doué ou on ne l’est pas. Et quand on est doué, on le sait car on fait partie de ceux à qui les professeurs ont souvent répété dans leur enfance qu’ils étaient différents voire même spéciaux.

La hantise de l’échec

Dans cette vision fixe, lorsque celui qui s’estime naturellement talentueux échoue, c’est toute sa personne qui est remise en cause. L’échec lui fait l’effet d’une puissante secousse sismique.

Il se sent jugé et dévalorisé. En effet, dans sa vision, ce ne sont pas ses compétences à un instant t qui sont évaluées, c’est lui-même. Le poids du jugement lui est donc particulièrement lourd à supporter.

Ainsi, ceux qui ont le mindset fixe auront tendance à développer des stratégies d’évitement face à des situations qu’ils estiment potentiellement délicates.

Cette vision du monde conduit donc à une stratégie d’apprentissage sous-optimale.

Le rejet de la responsabilité

Dans la même logique, lorsqu’ils échouent, ce n’est quasiment jamais de leur faute. En effet, à l’instant où ils se considèrent fautifs, c’est que leur vision d’eux-même est devenue catastrophique : Je suis un moins que rien. Je suis fini.

Dans cette perspective, c’est tout ou rien. Et c’est définitif dès le commencement. Ceux qui ont cet état d’esprit n’apprennent donc pas de leurs erreurs puisque, selon eux, quand on est vraiment doué, on a rien à apprendre.

Au niveau relationnel, les tenants de la théorie des traits fixes vont généralement chercher à s’entourer d’une cour d’admirateurs : des gens qui vont les faire se sentir en confiance et qui vont notamment les mettre sur un piédestal.

L’auteure cite le cas de l’ancien professionnel de tennis John McEnroe. Quand McEnroe perdait un match, il évoquait toujours une excuse : fièvre, mal au dos, mauvais arbitrage, etc.

La psychologue évoque également le cas du CEO de la société Enron, l’ancien géant de l’énergie. Lors de la faillite de l’entreprise, Jeffrey Skiling, le CEO accusait le monde entier, sans jamais remettre en question sa gestion.

L’état d’esprit de croissance : une psychologie de la réussite

L’état d’esprit de croissance est caractérisé par la croyance selon laquelle les capacités peuvent se développer sur toute la vie. Il s’agit d’une vision dynamique qui met l’accent sur l’effort et l’engagement.

Les personnes dans cet état d’esprit voient les difficultés comme une occasion pour apprendre quelque chose. Pour elles, quelque soit notre niveau initial, développer pleinement son potentiel est une opération qui nécessite du temps et de l’engagement.

L’opportunité d’apprendre

Voyons quelques caractéristiques communes à ceux qui ont l’état d’esprit de croissance (la psychologie de la réussite) :

  1. Ils trouvent le succès dans le processus d’amélioration. Ils travaillent dur pour devenir les meilleurs et sont plus focalisés sur l’apprentissage que sur les résultats.

  2. Ils trouvent que les échecs sont motivants. Ce sont des rappels à la réalité qui les font travailler encore plus pour se perfectionner. Quand ils échouent, ils tentent de nouvelles stratégies et, si ça ne fonctionne toujours pas, ils vont rechercher de nouvelles tactiques en hésitant pas à demander de l’aide à d’autres personnes.

  3. Même parvenus à un bon niveau, ils restent concentrés sur le processus qui amène au succès. Songez à Michael Jordan qui est resté au top niveau pendant de nombreuses années.

Au niveau de l’entreprise, ceux qui ont le mindset de croissance sont ceux qui n’ont pas peur de poser des questions pour apprendre. Ils sont curieux et ne craignent pas d’être jugés. Ils ne tentent pas constamment de prouver qu’ils sont meilleurs que les autres. Leur compétition est contre eux-même : ils essaient de s’améliorer. Ils ont une véritable psychologie de la réussite.

Sur le plan relationnel, ils vont rechercher des gens qui voient leurs erreurs et qui les aident à progresser. Ils vont s’entourer de personnes qui les encouragent à apprendre des nouvelles choses.

Au niveau du couple, ils auront généralement tendance à considérer que toute relation demande du travail des deux côtés pour pouvoir durer. “Rien n’est fixe, tout se travaille” se disent-ils.

Tandis que ceux au mindset fixe tendront à penser que si une relation ne fonctionne plus à un moment c’est qu’elle n’avait en fait jamais vraiment fonctionné. “Tout est stable, donc si la relation fonctionne, la travailler est inutile” répondent-ils aux premiers.

D’un état d’esprit fixe à un état d’esprit de croissance

En fait, pour la plupart d’entre nous, selon les domaines, nous avons un mélange de mindset fixe et de croissance.

Par exemple, nous sommes nombreux à avoir un mindset de croissance pour les compétences scolaires. Nous pensons qu’elles s’apprennent. Mais, pour le domaine artistique, nous serons nombreux à avoir un mindset fixe. Par exemple, nous avons tendance à penser que certains sont naturellement doués pour dessiner tandis que d’autres n’ont pas hérité du bon coup de crayon.

Ainsi, pour augmenter vos probabilités de réussite dans la vie, développez un mindset de croissance. Pour le créer chez vous ou chez vos proches, valorisez l’effort et mettez l’accent sur les stratégies d’apprentissage :

  1. Soyez pratique : développez des stratégies concrètes que vous écrivez dans un carnet (quand allez-vous vous y mettre ? Où ? Et pour faire quoi ?);

  2. Prenez goût au processus d’apprentissage. Considérez-le comme un jeu;

  3. Prévoyez en avance vos revers et considérez-les comme une opportunité pour renforcer votre apprentissage.

Si vous avez du mal à changer de mindset de vous-même, une solution peut être de vous exposer à un univers dans lequel le mindset que vous recherchez est la norme. Pour cela, changez d’environnement ou bien, plus simplement, consommez régulièrement du contenu (articles, podcasts, etc.) lié à votre mindset cible.

“Apprendre ne fatigue jamais l’esprit.” – Léonard de Vinci.

Vous venez de lire mon résumé du livre Changer d’état d’esprit : Une nouvelle psychologie de la réussite (Mindset : The new psychology of success) de Carol S. Dweck. J’espère qu’il vous a plu et qu’il vous a apporté des connaissances utiles. Pour lire d’autres articles similaires, vous êtes libre de vous abonner à ma newsletter.

A retenir : Pour vous ajuster au territoire, vous devez changer votre carte mentale. Calibrez progressivement votre mindset à votre objectif et vos actions suivront.

PS : Kelly McGonigal, dans The Upside of stress, fait la distinction entre l’effet Placebo et l’effet mindset. L’effet Placebo est un effet à court terme. L’effet mindset est une croyance qui impacte comment on pense, ressent et agit. Changer de mindset a donc un impact à long terme. Distinguez bien vos connaissances actives/mindset (celles que vous utilisez) de vos croyances passives (celles qui vous utilisent).

Pour copier et partager : https://mikaelecanvil.com/etat-esprit-reussite/

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